Le bus pour Drancy

le . Publié dans Collection D'une fiction, l'autre. Affichages : 13548

Le bus pour Drancyparu le 13 mars 2014

Léa, jeune immigrée juive de Bessarabie, arrive à Paris avec sa mère et ses deux sœurs en 1929.
Le 16 juillet 1942, elle assiste à la rafle de sa mère et de sa sœur aînée. Toute sa vie, elle s’est demandé pourquoi elle et sa cadette ont été épargnées.

Dans ce livre, Dominique Marie Godfard tente de répondre à cette question tandis qu'elle recueille­ les souvenirs de Léa, âgée aujourd'hui de 92 ans.
Une amitié va naître entre les deux femmes mais l’auteure saura-t-elle éclairer toutes les zones d’ombre de ce drame ?

premières pages à feuilleter

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Le nouvelobs par Cécile Oumhani


Détails

Roman historique,
Format : 14,5 x 21 cm
Pages : 156

978-2-36795-008-2
7,00 €


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auteures

Dominique GodfardNée au Maroc, Dominique Godfard est restée imprégnée par son pays et ses souvenirs d'enfance ce qui ne l'a pas empêché d'être une vraie parisienne durant des années avant de s’établir dans Le Perche en 2011. Elle publie ses écrits sur papier et sur internet.
Nombre de ses nouvelles sont publiées dans des journaux et revues dont Etoiles d'encre depuis 2001.
des-livres-et-moi.blogs.nouvelobs.com
lamachineaecrirededominique

 

extrait

Ils se tiennent par le bras, la main de Jacquot haut placée pour dissimuler l’étoile jaune. Au coin de la rue, ils se heurtent à deux soldats allemands, des trouffions qui ‘zyeutent’ d’un air goguenard la jolie fille serrée contre son amoureux. Ils échangent quelques mots en rigolant, leur regard polisson laisse deviner la teneur des propos échangés sur le jeune couple… Ah ! Quelle nuit, ils ont dû s’offrir, ces deux là ! Et si on jouait un peu avec eux ? La peur des autres peut être source de divertissement, surtout dans des rues vides, en l’absence de témoin.

Un des soldats allemands me dit en français : « Alors comme ça, vous vous promenez tôt le matin, jeune mademoiselle… »

Nous osions à peine respirer. Deux statues pétrifiées d’effroi. Je pensai : « Mon Dieu, pourvu qu’ils ne me demandent pas mes papiers ! » Je répondis dans un souffle : « Je vais me marier, monsieur. » Un doigt désigna ma valise : « C’est quoi là-dedans ? » Dans un même geste, afin de ne pas dévoiler l’étoile jaune, nous fîmes une légère génuflexion et, de ma main droite, j’entrouvris la petite valise. Le soldat passa les doigts sur mes vêtements de nuit avec un petit clin d’œil en direction de son camarade.

Temps en suspens. Deux vies qui dépendraient de la trajectoire d’une boule sur la roulette d’un casino. Sur quel numéro va-t-elle tomber, faisant la fortune de l’un, ruinant l’autre ? Légère hésitation du soldat allemand comme si la boule, au déterminisme peut-être fixé depuis la nuit des temps, prolongeait le suspense ad libitum, par caprice… Temps immense ! C’est le bon numéro qui tombe : « Allez, circulez. »