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Revue N°47-48 Féminin/Masculin

Publié dans REVUE TRIMESTRIELLE

Revue N°47-48 Féminin/MasculinRevue 47-48

Féminin/Masculin

Les textes contenus dans ce numéro traitent de ce thème majeur du rapport entre le féminin et le masculin. Les auteures le traitent à leurs manières singulières, parfois avec humour, Anne Guerber - avec profondeur, Catherine Rossi, Rosa Cortès - avec érudition, Hélène Echinard - passionnément, Sadia Barèche - avec militantisme, Wassyla Tamzali - sans concession Marie Malaspina - percutant, Aldona Januzewski - sous forme de conte, Violette Bizeau et avec ce quelque chose de caustique, Valéry Meynadier... Nous ne pouvons toutes les nommer.

 

 Une œuvre où se livrent les femmes, où elles se délivrent, jettent sur le sol de l'écrit l'ombre et la lumière et éveillent l'immémoriale révolte. Elles dépouillent le réel, le décortiquent, s'insurgent, s'esclaffent même. Ce qui ne peut se dire s'écrit, comme le fait si pleinement Françoise Mariotti dans sa carte blanche et surtout dans son texte La bonne mère. 

Pour la première fois, nous accueillons un couple d'artistes. Couple qui symbolise le féminin-masculin dans l'harmonie et non l'opposition. Miki Nakamura et Jean-Michel Letellier

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Détails

32 pages d'illustrations couleurs
novembre 2011 - 350 pages

978-2-914467-74-12
15,00 €


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edito

Edito

On ne naît pas femme, on le devient.

Simone de Beauvoir

Le deuxième sexe, 1949

Il s’esquisse ici, des mots, des faits, des récits, de la mémoire, de l’humour, de l’art… qui font de ce numéro, l’écho de ce quelque chose de subtile qui traverse la vie humaine sans qu’on puisse tout à fait le saisir. Un numéro comme un écho de la pensée, du cœur et des corps, une œuvre, une mosaïque empreinte de gaîté et de nostalgie, de rires et de cris de douleur, d’humour aussi, d’exubérance.

Quand on intitule un thème « Féminin-Masculin » on s’expose à plusieurs interrogations : qu’est-ce que Le Féminin et qu’est-ce que Le Masculin ? ou qu’est-ce qu’être un homme ou une femme ? Autrement dit, comment s’appréhende et se construit l’identité sexuelle ? quelle est la part du biologique et celle du culturel dans cette identification ? Peut-on vraiment les dissocier ? Il ne s’agit pas dans cet éditorial de répondre à des questions aussi complexes bien entendu, mais simplement de les mettre en exergue car elles ne sont pas seulement au cœur des préoccupations des sphères militantes, mais le sont aussi pour les sciences sociales et même pour les sciences dures, telles que la biologie ou la neuro-biologie.

Une œuvre où se livrent les femmes, où elles se délivrent, jettent sur le sol de l’écrit l’ombre et la lumière et éveillent l’immémoriale révolte. Elles dépouillent le réel, le décortiquent, s’insurgent, s’esclaffent même. Ce qui ne peut se dire s’écrit, comme le fait si pleinement Françoise Mariotti dans sa carte blanche et surtout dans son texte La bonne mère.

Les scientifiques contestent en effet la validité de la vision binaire nature/culture qui supposerait que ces deux termes sont opposés, irréconciliables et qu’on ne peut aborder ces questions que sous ce seul angle d’analyse : l’irréductibilité. Ainsi, la nature déterminerait des aptitudes et des comportements spécifiquement féminins ou spécifiquement masculins dès la naissance de l’être humain. L’environnement social, culturel, historique, contextuel et psychique des individus se situerait dans une sphère indépendante de l’essence naturelle, biologique, de l’ordre sexué. Or, comme le disent aujourd’hui les scientifiques et les chercheurs en sciences sociales, biologie et culture sont indissociables. Les corps sont des corps sociaux en même temps qu’ils sont biologiques dit le sociologue Eric Fassin. La polarité entre les deux est indéniable et les progrès technologiques et notamment l’IRM ont permis de découvrir la plasticité cérébrale, un concept fondamental, qui démontre que des interconnexions toujours nouvelles entre les neurones permettent l’adaptation permanente du cerveau au vécu des individus et cela, tout au long de leur vie (Catherine Vidal).

Les textes résonnent de deux mille ans de brouillard, de sept cent trente mille jours d’inquiétude. Ils s’en sont allés. Volés, disparus. Tordus, jetés par dessus le temps, spoliés pour toujours pour les femmes. Combien d’entre elles ont espéré et aimé pendant ces sept cent trente mille jours ? Le sens se cachait derrière la scène des évidences trompeuses. La force de l’illusion. Combien de femmes ont vécu d’absence, n’ont jamais connu ni le chant ni l’amour ni même le respect ?

Ces recherches démontrent que les normes qui nous font l’injonction d’être dans notre vie quotidienne, dans nos amours, dans nos relations sociales, dans nos manières d’être et d’agir… plutôt féminins ou plutôt masculins, ces normes, qui ont structuré les différenciations sexuelles dans la quasi-totalité des sociétés humaines, sont remises en question. Ceci nous amène tout naturellement à cet autre concept important : le genre. La théorie du genre a ouvert les champs d’étude. Elle ne remet pas en cause l’existence d’êtres génétiquement sexués, et ne nie pas davantage la nécessité de normes sociales. Elle permet de dépasser les déterminismes communément admis sur la « bicatégorisation » (mâles-femelles) et d’explorer les lieux de la construction sociale de la différenciation sexuelle, ce qu’on appelle le sexe social. De même qu’elle permet une réélaboration de normes qui ne seraient pas définies une fois pour toutes mais évolueraient avec et par les sociétés qui les produisent. Ce concept se fonde sur le rapport qu’entretiennent les deux sexes. Il ne renvoie pas à des catégories biologiques (hommes et femmes) mais à des catégories sociales (féminin et masculin). Il ouvre sur des perspectives autres que « naturalistes » ou idéologiques. C’est donc une démarche éminemment critique qui permet de s’interroger sur ce qui confère aux évidences normatives leur légitimité.

Dans ce numéro nous avons convié des femmes à nous confier leurs opinions sur ce thème majeur du rapport entre le féminin et le masculin. Le résultat est à la mesure du talent de chacune. Elles le traitent à leurs manières singulières, parfois avec humour, Anne Guerber – avec profondeur, Catherine Rossi, Rosa Cortès – avec érudition, Hélène Echinard – passionnément, Sadia Barèche – avec militantisme, Wassyla Tamzali – sans concession,  Marie Malaspina – percutant, Aldona Januzewski – sous forme de conte, Violette Bizeau et avec ce quelque chose de caustique, Valéry Meynadier. Je ne peux hélas les citer toutes, mais c’est plein d’enseignement, d’émotions, d’expériences et de poésie. Les poètes ici, comme d’habitude, ne sont pas en reste bien sûr.

Une nouveauté dans la revue : pour la première fois, nous accueillons un couple d’artistes dont une œuvre illustre la couverture. Un couple qui symbolise le féminin-masculin dans l’harmonie et non l’opposition. Leur art est une échappée de soleil : deux artistes qui créent sur des matériaux nobles, la fibre végétale et le papier, mais avec une finesse de travail et de créativité peu communes. L’un et l’autre nous font découvrir des voies encore inexplorées de l’art qui s’embrasse et s’embrase. L’un et l’autre s’interrogent sur le féminin/masculin. Merci à Jean-Michel Letellier et Miki Nakamura.

Et enfin je voudrais signaler que nous présenterons, au cours d’un café littéraire, ce numéro qui contient 32 pages en couleur, à la Maison des Femmes de Paris qui fête son 30ème anniversaire, le 16 décembre 2011.

Behja Traversac

sommaire

Edito : Behja Traversac

De vive voix

Portraits de femmes d’ici Nic Sirkis

Femme dans son lit de galets Christine Jouhaud-Mille

Carte blanche à Françoise Mariotti

La Bonne Mère Françoise Mariotti

Légèreté insoutenable F M

Tranche de vie Correction paternelle Paula Dumont

Madjanpek, Père Julieta Guerreiro

L’Emportée Valéry Meynadier

De l’air dans les petites boîtes III Julieta Guerreiro

Regards croisés d’un soupirant de sable Hamou Aït Mokrane

désolée partenaires, sûr de toi, quitte, de grandes espérances F M

Praesentia, Blow J G

N’oublie pas Patrick Duquoc dit Pant

Un couple d’artistes à étoiles d’encre

Rencontre avec Miki Nakamura et Jean-Michel Letelllier

Connivence Peggy Inès Sultan

Forum

Au commencement était le verbe… Rosa Cortès

De ma féminité Françoise Mariotti

« C’est rien, c’est juste une expression… » Anne Guerber

La foudre et l'oreille Catherine Rossi

Masque hue l’un Femme et nain ? Aldona Januszewski

Mauvais genres Olga Valparaiso

Un 8 mars… Marie Malaspina

À propos de « Féminisme et anthropologie » de Evelyn Reed Sigrid L. Crohem

À l’arrière des « maquis » Nathalie Saulnier

La grammaire des hommes Angélique Thomine

Simone de Beauvoir de retour en Algérie Wassyla Tamzali

De vive voix

Portraits de femmes d’ici Nic Sirkis

Variations

Je suis une femme Rose-Marie Naime 

La reine rouge Violette Bizieau 

L’accident Valéry Meynadier

Attrape-moi Sofia Barão

Romane Céline Garcia

Fragments de vie Denise Bénaquin

La robe blanche  Aldona Januzewski

Etre là  Evelyne Schneider

Le leurre de tes cris…  Marie Bueno

Mistigri Olivia Villon

Non, il ne faut pas pleurer la nuit... Marie Bueno

Huis clos de Nic Sirkis

À l’ombre du vent bleu Mahia Alonso

Cruel tango Françoise Siri

J’ai rien compris Janine Teisson

Possibles Carole Menahem Lilin

La saga des cheveux Rose-Marie Naime

La poupée Sabine Normand

Le prix Annick Demouzon

Masculin  Féminin Sabine Péglion

Narcisse Nic Sirkis

Du côté de l’enfance

Je ne suis pas la squaw du grand chef ! Chantal maire

Mémoire et Histoire

Interrogatoire sous la Terreur Thérèse-Françoise Crassous

Les femmes ne courent pas les rues de Marseille Hélène Échinard

L’Italien Viviane Campomar

La jeune fille et la guerre Marie Malaspina

La clé sous la porte

La route du printemps Elaine Mokhtefi

D’un art, l’autre

De l’autre côté du décor Sadia Barèche

Qui a peur d’Anaïs Nin ? Sophie Taam

Pudeurs et colères de femmes Valérie Dumas

Witold Januszewski l’enchanteur Rosa Cortes

Fulgurance d’absolu Marie Malaspina

À livre ouverts

Notes de lectures de Behja Traversac, Nic Sirkis, Sigrid L.  Crohem, Michèle Perret , Djamel T. et Laurence Marfaing

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Hommage à Françoise Trichet

La chasse à l’ombre, La lune filtre sa pâleur blonde

Claude au fond du cœur Laura Schissler   346

Elles voient rouge Marie-Noël Arras

Les biobibliographies des contributrices à ce numéro sont à retrouver sur le site de Chèvre-feuille étoilée : http://www.chevre-feuille.fr/