Anaïs Nin, genèse et jeunesse

le . Publié dans Collection D'un espace, l'autre

Anaïs Nin, genèse et jeunessepublié le 6 mars 2014

Anaïs Nin est célèbre pour sa sexualité débridée, pour son œuvre novatrice, reconnue tardivement, et surtout pour ses journaux témoins de l’époque du Paris d’avant guerre puis du New York des années 50. Si son enfance et sa jeunesse nous offrent des pistes intéressantes pour déchiffrer le mystère de cette artiste à l’aura sulfureuse, sa vie adulte n’en offre pas moins. De nombreuses personnalités du monde de l’art et de la littérature traversent ce destin exceptionnel.

Sophie Taam sait bien que les biographies de son héroïne ne manquent pas, mais celle-ci intervient à un moment de l’histoire sociale où l’on a une meilleure connaissance des conséquences de l’inceste, dont fut victime Anaïs Nin et qui la marqua à jamais.
Elle inventa sa propre façon de se guérir et fut une féministe, certes controversée, mais qui rencontre aujourd’hui l’adhésion d’une certaine mouvance.

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Babelio

La cause littéraire entretien

La cause littéraire, critique de Laurence BiavaLaurence Biava


Détails

Biographie,
Format : 11,5 x 21 cm,
Pages : 160

978-2-36795-002-0
7,00 €


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auteures

Sophie TaamArtiste pluridisciplinaire née en 1970, Sophie Taam a longtemps vécu à Los Angeles avant de venir s’installer dans sa jumelle française, Nice. Son parcours de vie en apparence chaotique se déroule systématiquement autour de la colonne vertébrale de l’écriture, de l’âge le plus tendre jusqu’à aujourd’hui, allant jusqu’à créer sa propre maison d’édition, les éditions incognito. La forme originale de ses livres semble déjouer les tentatives stérilisantes taxinomistes. On pourrait parler d’écriture en trois dimensions. Musicienne et chanteuse, elle performe récemment autour de l’axe lyrique et du texte.

Publications sur ce thème :

2012 : sous le nom de plume de Dahlia Berg, publication dans la revue A cafe in space, The Anaïs Nin Literary Journal N° 9 de l’article : Perspectives on Anaïs Nin – The diary, fiction, performance, and contemporaneity.

2011 : publication du texte Qui a peur d’Anaïs Nin? Accompagné de la photographie L’art sur le nu en collaboration avec Eve Carton, dans la revue Étoiles d’encre, éd. Chèvre feuille étoilée.

www.sophietaam.com

extrait

« Pour la première fois depuis l’âge de onze ans, Anaïs se fuit et désire rester à la surface des choses pour ne plus contempler sa souffrance. Elle veut oublier. La situation, en effet, lui semble désespérée : elle aime Hugo mais a promis la loyauté à sa mère. Elle est torturée par ses exaltations sensuelles et s’exhorte à la vertu. Sa vie se déroule dans différentes strates simultanées : sa vie intérieure, qu’elle tente d’étouffer, sa vie extérieure – ses débuts mondains, son expérience dans un nouveau foyer –, et sa vie d’artiste, reléguée pour l’instant aux oubliettes. Il lui faudrait, pour juguler cet é cla - tement de personnalité, quatre ou cinq journaux différents. Cette multiplicité la poursuivra toute sa vie, elle prendra plus tard la forme particulièrement exténuante du dangereux « trapèze », un va-et-vient incessant entre les deux hommes de sa vie, l’un sur la Côte Ouest, Rupert Pole, et l’autre sur la Côte Est, Hugo Guiler. »

 

critiques

 De Britt Arenander - Membre de l’Union des Ecrivains Suédois depuis 1969
 

Sophie Taam : Anaïs Nin – genèse et jeunesse 
 

Trois biographies d’Anaïs Nin ont été publiées en France. Récemment, une nouvelle est sortie, celle de Sophie Taam, Anaïs Nin – genèse et jeunesse (Editions Chèvrefeuille Etoilée), qui se concentre sur les périodes les plus intéressantes de la vie de Nin : son enfance, sa jeunesse et sa vie à Paris de 1924 à 1939. Un don précieux pour ceux qui ont aimé lire les fameux journaux d’Anaïs Nin et veulent en savoir plus sur les circonstances qui l’ont faite émerger comme une auteure contemporaine des plus novatrices.
 

D’abord, Taam nous ramène vers les milieux très différents des parents d’Anaïs Nin – Joaquin Nin, le père espagnol perfide, et Rosa Culmell Nin, la mère cubo-danoise, qui dut surmonter bien des épreuves. Mais, parmi les cinq membres de cette famille, la plus affectée fut Anaïs, dont l’expérience traumatique avec son père incestueux et cruel a fait de sa vie un combat incessant pour désamorcer des accès de dépression grave et trouver une identité morcelée par d’innombrables déménagements et changements de langues, de l’espagnol au français, du français à l’anglais. Cependant, une chose était certaine : depuis très jeune, elle fut douée pour l’écriture, quelle que soit la langue qu’elle dut adopter.
 

Une nouvelle lumière est également projetée sur les parents de Hugh Guiler, l’homme qu’elle a finalement épousé en dépit de la volonté de sa mère et des parents Guiler : sa mère voulait absolument un bon parti avec un riche Cubain et les parents écossais de Guiler ont rompu avec leur fils quand il se maria avec une catholique. Mais tout ceci est secondaire au regard de ce qui attendait le couple fraîchement marié : à cause de sa libido précocement endommagée, Anaïs avait développé une aversion austère pour le sexe et le fait que tous deux soient vierges ne facilita pas les choses. De nouveaux problèmes attendaient Anaïs quand ils déménagèrent à Paris en fin 1924, Hugh ayant été transféré à la filiale française de la New York National City Bank : elle trouvait la capitale française sale et bruyante, détestait son atmosphère érotique et n’était pas le moins du monde attirée par sa culture florissante d’après-guerre.
 

Tout bascula quand Anaïs rencontra Henry Miller en 1931. Quelques mois plus tôt, elle avait confié à son journal qu’elle se sentait morte, qu’elle ne supportait plus la vie. Mais son désespoir céda la place à une soif de vie intense quand Miller fit son apparition. Dans le vagabond sans le sou qu’était Miller à cette époque, elle reconnut un homme « ivre de vie… comme moi. » Miller chasse son puritanisme d’alors, l’encourage dans ses efforts littéraires, ouvre les portes de la liberté. Les années jusqu’en 1939 fourmillent d’expériences excitantes, de rencontres intéressantes, de nouveaux amants – une fois que sa vie s’est libérée, il n’y a plus de limite à son audace.
 

La vie d’Anaïs Nin retracée par Taam jusqu’à la deuxième guerre mondiale, quand Anaïs dut fuir la France et retourner aux US (avec Hugh, Henry et un bon nombre de ses amis) est suivie par un compte rendu succinct de la vie d’Anaïs aux US, où elle fit sa percée littéraire au milieu des années 60 et jouit pendant une décennie de son nouveau statut d’artiste reconnue et de porte-parole de l’émancipation des femmes, avant, hélas, de mourir du cancer en 1977 – une bigame, puisque qu’elle ne divorça jamais de Hugh Guiler, qui resta à New York, et épousa clandestinement un homme plus jeune, Rupert Pole, résidant en Californie. Aucun des deux maris n’avait connaissance de l’autre.
 

Grâce à l’empathie de Taam combinée à sa précision infaillible, cette biographie est un vrai bonheur à lire.
 

 Britt Arenander
Membre de l’Union des Ecrivains Suédois depuis 1969
 

 Britt Arenander est une écrivain suédoise et traductrice littéraire, elle a traduit entre autres le Journal d’Anaïs Nin (6 volumes) en suédois et écrit un livre sur sa période à Paris : Anaïs Nin's Lost World: Paris in Words and Pictures 1924-1939

critiques en anglais

Edited version

Sophie Taam: Anaïs Nin – genèse et jeunesse (Chèvre Feuille Etoilée)
 

There are three biographies of Anaïs Nin published in France. Recently a new one has appeared, Sophie Taam´s Anaïs Nin – genèse et jeunesse (Editions Chèvre Feuille Etoilée), which mainly focuses on the most interesting periods in Nin´s life: her childhood, youth and life in Paris 1924 – 1939. A gift to all those who have enjoyed reading Anaïs Nin´s famous diaries and wish to know more about the circumstances from which she emerged as one of the most innovative contemporary authors.  
 

First Taam takes us back to the hugely different backgrounds of Anaïs Nin´s parents – the treacherous Spanish father Joaquin Nin, and the Cuban-Danish mother, Rosa Culmell Nin, who had to put up with a load of ordeals. But the worst affected in the family of five was Anaïs, whose traumatic experiences with her incestuous and cruel father made her life a long struggle to ward off heavy bouts of depression and to find an identity shattered by countless movings and changes of languages, from Spanish to French, from French to English. But one thing was clear: she was early on exceptionally talented in writing, whatever language she had to take up.
 

New light is also shed upon the parents of Hugh Guiler, the man she was to marry against the will of both her mother and of Guilers parents: her mother ardently wanted Anaïs to make a good match with a rich Cuban, and Guiler´s Scottish parents broke with their son when he married a Catholic. But these were minor problems compared to what awaited the newly married couple: due to Anaïs´ damaged libido she had developed a stern aversion to sex, and the fact that both she and her new husband were virgins didn´t make things easier. New problems awaited Anaïs when they moved to Paris in the late 1924, Hugh having been transferred to the French branch of the New York National City bank: she found the French capital dirty and noisy, abhorred its erotic atmosphere, and was not the least attracted to its flourishing postwar culture.
 

The turning point came when Anaïs met Henry Miller in 1931. Only a couple of months earlier she had confided to her diary that she felt dead, that she couldn´t put up with life any longer. But her despair gave way to a passionate lust for life when Miller entered the scene. In the penniless American vagabond Miller was at that time she saw a man who “was drunk with life... like me.” Miller blows her earlier puritanism away, encourages her literary efforts, opens the doors to freedom. The years up to 1939 were bristling with exciting experiences, interesting acquaintances, new lovers – once her life has opened up there were no limits to her audacity.
 

Taam’s account of Anaïs Nin´s life up to the second world war, when Anaïs had to leave France and go back to the US (with Hugh, Henry and a number of their friends) is followed by a short report of Anaïs´ life in the US, where she finally made her literary breakthrough in the mid 60´s and enjoyed her new status as a celebrated artist and advocate of womens´ emancipation for a decade, before she sadly died of cancer in 1977 -- a bigamist, as she never divorced Hugh Guiler, who stayed in New York, and clandestinely married a young man, Rupert Pole, residing in California. Neither of the two husbands had any idea of each other.
 

With Taam´s empathy combined with her never failing precision, this biography is a true delight to read.
 

Britt Arenander
Member of the Union of Swedish Writers since 1969
 

Britt Arenander is a Swedish writer and literary translater, having among other things translated Anaïs Nin´s Diary (6 volumes) into Swedish and written a book about her time in Paris: Anaïs Nin's Lost World: Paris in Words and Pictures 1924-1939


Anaïs Nin : genèse et jeunesse, Sophie Taam Anaïs Nin serait-elle passée de mode ? La jeune génération semblerait ne pas la connaître, ou tout juste a-t-elle vaguement entendu parler de sa réputation scandaleuse. En ces temps où planent tant de menaces sur la liberté féminine, il serait bon de redécouvrir cette écrivaine qui fut, oh combien !  femme jusqu’à la pointe de son stylo. Sophie Taam, en quelques 150 pages, nous livre quelques précieuses clefs afin de comprendre cette personnalité si complexe. Anaïs Nin a vécu constamment sous le signe de l’écartèlement : entre ses parents, entre les pays, France, Cuba, Etats-Unis principalement, entre les langues, entre les hommes : amants et maris. Et c’est l’écriture, en particulier celle de son journal commencé en français à l’âge de onze ans et qu’elle tiendra fidèlement jusqu’à sa mort à 74 ans, qui lui permit de concilier tous ces contraires, de dépasser ses névroses et aussi d’atteindre très tardivement la célébrité à plus de soixante ans. Cette biographie, tout à la fois solide et synthétique, est très agréable à lire. Dès la première page, le lecteur est embarqué dans une aventure plus que mouvementée, celle de la vie tumultueuse d’une femme qui ne recula devant aucun interdit, inceste ou bigamie. Bref, un livre qui donne furieusement envie de se plonger dans le journal d’Anaïs Nin !

Les bibliothécaires de la médiathèque municipale de Nice Sophie Taam vit à Nice. 

 

critiques Babelio

http://www.babelio.com/livres/Taam-Anais-Nin-genese-et-jeunesse/603356#critiques

 Extrait de celle de Fortuna :

La biographie de Sophie Taam se lit comme un roman et met en lumière le caractère narcissique et immature de la personnalité d'Anaïs, peut-être lié au traumatisme qu'elle a subit dans son enfance, mais qui a certainement été un frein à sa vocation littéraire, trop centrée sur elle-même. Elle reste une figure féminine, et d'une certaine manière féministe importante, bien qu'elle n'ait jamais pu se défaire vraiment de son personnage de femme-enfant, dépendante financièrement et affectivement des hommes. Ce n'est qu'à l'âge de 63 ans (en 1966) qu'elle connaîtra vraiment le succès et pourra vivre de son œuvre. Mais en 1969 elle est atteinte d'un cancer de l'utérus qui l'emportera quelques années plus tard.
« On écrit pour sentir la vie deux fois : sur le moment et de manière rétrospective. » le but est atteint. Une vie hors du commun, une biographie passionnante, une œuvre à redécouvrir.

Extrait de celle de Catherine Chantilly :
Le livre est bien écrit facile à lire pour comprendre la genèse de l'écriture et du personnage Anaïs Nin, sa quête permanente de l'écriture vérité où se couple sans cesse le mensonge vital pour pouvoir affronter la réalité. Ecrire une biographie est aussi écrire sur soi-même, dans ce livre on peut ressentir toute la sensibilité retenue de Sophie Taam, afin de faire revivre Anais Nin au plus près d'elle-même. Lire ce livre fut bouleversant les vingts premières pages mais une fois passés les passages de l'enfance traumatiques, l'âme d' Anaïs Nin se déploie peu à peu, on comprend mieux sa quête son rapport aux hommes et à l'écriture. Anaïs Nin se révèle une femme généreuse une femme forte une femme libre dont la différence est la marque dès son enfance, malgré cette différence Anaïs Nin surgit du fond des mots que Sophie Taam réveille afin de rendre un bel hommage à la femme qu'elle fut.