Ici je veux vivre, ici je veux mourir

le Publié dans Collection D'un art, l'autre

Ici je veux vivre, ici je veux mourir - Ourida Nekkache

Photos et textes
de
Ourida Nekkache

Préface de Najet Khadda 

Les déserts sont, restent, la réserve où, latent, le sens rêve en attendant d'émerger à la lumière. [...] Le désert comme nostalgie du sens qui le précède.
Mohammed Dib, catalogue Khadda, 1994


L'Algérien porte le désert en lui et avec lui.
Mohammed Dib, L'arbre à dires, 1998


À elles seules ces deux citations de Dib pourraient tenir lieu de préface au livre de Ourida Nekkache. De préface et peut-être aussi de justificatif si tant est qu'il faille se justifier d'ajouter un titre aux titres innombrables de la bibliothèque du désert.

" Dans ce livre, je partage une partie de mon parcours fait de sentiments, d'échanges, de fascination devant les extrêmes... une sorte de transition entre mes mots et les mots ancestraux, un voyage initiatique vers l'origine du monde."

De petits poèmes sur le désert, tels des haïkus, parsèment ce livre de photos. Des scènes de vie que l'auteure prend sur le vif lorsqu'elle se rend dans le désert où elle recueille légendes, contes et chansons retranscrivant ainsi la tradition orale du Sud algérien pour l'immortaliser.

Ourida Nemmiche Nekkache est dans le partage et elle nous offre ici plus que des photos, des instants précieux :

  • Le ravissement qu'apporte l'eau au milieu du désert
  • La fierté des hommes du Sud dansant avec leurs nouveaux-nés
  • La fougue des baroud
  • Le silence qu'inspire le paysage
  • L'amour qu'inspirent les femmes

et bien d'autres choses encore.

Détails

Prix : 10 € TTC
Format : 21x13 cm avec rabats
2007 - 72 pages couleurs
ISBN : 978-2-914467-51-3

extrait de la préface

Les déserts sont, restent la réserve où, latent, le sens rêve en attendant d'émerger à la lumière. (...) Le désert comme nostalgie du sens, qui le précède. (Mohammed Dib, catalogue Khadda, 1994)

L'Algérien porte le désert en lui et avec lui. (Mohammed Dib, L'arbre à dires, 1998)

À elles seules ces deux citations de Dib pourraient tenir lieu de préface au livre de Ourida Nekkache. De préface et peut-être aussi de justificatif si tant est qu'il faille se justifier d'ajouter un titre aux titres innombrables de la bibliothèque du désert.

Certes, l'amateur de beaux livres qui tombera inopinément sur celui-ci est en droit de s'interroger sur l'originalité de cette nouvelle invitation au voyage en ce lieu mythique. Après les célébrations des Flaubert, Fromentin, Gide, Loti, Isabelle Eberhardt, Albert Camus, Jean Grenier, Saint-Exupéry, Giuseppe Ungaretti, Edmond Jabès, J. M. G. Le Clézio, Malek Haddad et autres Mouloud Mammeri ; après que l'Emir Abdelkader et le riche répertoire de l'oralité aient généreusement nourri notre imaginaire collectif en rêves du désert ; après les trésors de la poésie arabe depuis la période préislamique et les récits de voyage des grands siècles de la civilisation musulmane ... que dire encore qui n'ait pas été dit, qui n'ait pas été écrit sur le désert, sur l'éblouissement et la fascination qu'il exerce depuis toujours ? Et puis, madame Nekkache elle-même ne l'a-t-elle pas déjà honoré dans un livre de photos et de textes remarquables, accompagnés par le regard et la plume d'une précieuse complice en la personne de Maïssa Bey ? Livre faisant écho à celui - de belle facture, lui aussi - où Farida Sellal légendait ses photos par des extraits empruntés aux plus illustres noms de la littérature universelle.

Dès lors, pourquoi un tel acharnement ? La réponse est d'abord de bon sens : le désert est multiple et varié et le Sahara offre à lui seul une telle diversité qu'on est loin d'en avoir livré toutes les facettes. La réponse est aussi très personnelle et se trouve dans l'avant-propos où la chercheuse nous confie son obsession et sa détermination à consacrer toute son œuvre à ce lieu de prédilection. Alors attendez-vous à la voir y revenir encore et encore. Aussi ne craindrais-je pas de me montrer importune en retenant le lecteur hésitant par la manche, pour l'engager à pénétrer au cœur de l'univers si particulier que nous propose cet énième livre sur le désert algérien et dont on percevra d'emblée qu'il n'est pas de trop, loin s'en faut.

Au demeurant, chaque livre nous narre à sa façon le choc de la découverte - une véritable illumination - qui provoque une plongée au plus profond de l'être et il me paraît indéniable que, pour notre auteure, comme pour nombre de ses devanciers, prendre le risque d'écrire sur le Sahara relève d'une nécessité irréfragable.

De fait, se lancer dans l'exploration de l'immensité et de la richesse sahariennes, est de l'ordre de la quête mystique et, comme elle, s'avère une entreprise sans fin. Ce qui explique que l'on n'en sort jamais indemne et que l'appel de l'absolu vous poursuit pour peu que vous soyez prédisposé à vaincre l'appréhension du danger, à vous affranchir des tentations du confort, à vous ouvrir aux rencontres essentielles des êtres et de la nature. Et... par-dessus tout, à vous rendre disponible à l'écoute des voix ténues qui saturent le silence saharien, à vous préparer à entrer en communion avec des « âmes » - appelons ainsi, faute de mieux, toutes les aspirations nobles et éthérées qui peuplent depuis les siècles des siècles l'atmosphère que l'on respire dans ce séjour privilégié des prophètes et des mystiques. Ourida Nekkache fait partie de ces élus. Elle a su percer le mystère du lieu et nous y  introduit par un double circuit : une partition à deux portées, sereine et vibrante, construite en canons d'appels visuels et d'échos sonores.

Entrez donc dans son ouvrage et vous comprendrez qu'elle se vit comme un médiateur qui traduit pour vous les mots du terroir : paroles de poètes anonymes, adages dans lesquels baignent, dès la naissance, les populations du Sahara et qui leur forgent une philosophie à la mesure de la majesté des lieux. Elle se veut un médiateur quand elle déploie, pour vous, la trame sur laquelle se découpent les scènes des travaux et des jours capturées par son objectif. Elle se fait intercesseur qui vous fraie passage jusqu'à l'essence de l'existence telle qu'elle se déroule en cette contrée si proche, si lointaine, sous le dôme inaltérable du ciel.

C'est en cela que son travail correspond admirablement à la vision de Dib lorsqu'il proclame la consubstantialité du désert et de l'être-au-monde des Algériens. Elle-même prétend porter en elle et avec elle le désert alors même qu'elle n'en est pas native et n'y a effectué que des séjours ponctuels. Mais elle vit sa découverte comme une Révélation, avec la pleine conscience de l'importance du legs qui lui a été consenti et de la responsabilité que, dorénavant, il lui confère. Lourde responsabilité du partage et de la transmission. C'est pourquoi, très tôt, elle a veillé à conduire ses enfants vers le secret à ciel ouvert qu'il lui a été donné de surprendre. C'est pourquoi, dès sa première incursion, elle a mis à notre disposition un témoignage sur son périple.  Najet Khadda

Quelques photos

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